Enregistrer une guitare acoustique comme un pro : Le guide ultime
Pourquoi vos enregistrements sonnent-ils souvent plats ou brouillons, ne rendant jamais justice à la richesse harmonique de votre instrument ? Eh bien, tout simplement parce qu’enregistrer une guitare acoustique à la maison avec une qualité studio demande de maîtriser l’interaction subtile entre la source, l’acoustique de la pièce et le choix du microphone.
Associer ces 3 éléments vous semble compliqué ? Pas de panique, nous allons analyser avec vous les méthodes concrètes pour optimiser votre configuration, du placement précis à la 12ème frette jusqu’aux techniques stéréo comme le X/Y, afin de vous permettre de capturer enfin toute la brillance et la dynamique de votre jeu sans matériel hors de prix.

Préparer sa session : les fondations d’un bon son
La guitare avant tout : cordes neuves et accordage parfait
La qualité de votre enregistrement dépend avant tout de la guitare elle-même. Si votre instrument sonne mal ou manque de projection, le micro ne fera que capturer ces défauts avec une précision impitoyable. Le son naît du bois, pas de l’électronique.
Un accordage parfait est absolument non négociable et doit être vérifié entre chaque prise. De plus, une guitare avec une intonation fausse sur le manche rendra vos pistes inexploitables ; un simple réglage chez un luthier corrige souvent ce problème majeur.
Le type de guitare impacte aussi le résultat final. Le timbre d’une Jumbo haut de gamme comme la Gibson SJ-200 diffère radicalement de celui d’une bonne guitare folk acoustique pour débutant, et ce choix initial sculpte votre son.

Votre pièce est votre premier effet : maîtriser l’acoustique
Votre environnement est le premier « effet » appliqué à votre son, bien avant les plugins. Une pièce vide carrelée donnera un rendu agressif, très différent d’une chambre meublée avec des tapis et des rideaux qui réchauffent le timbre.
Il faut donc maîtriser les réflexions parasites pour obtenir un son propre. Fuyez les petites pièces carrées qui créent des résonances désagréables. Éloignez-vous aussi des murs nus et des angles pour éviter l’accumulation brouillonne des basses fréquences.
- Utiliser des tapis épais au sol.
- Placer des canapés, une bibliothèque remplie de livres ou des rideaux lourds pour absorber le son.
- Éviter les surfaces dures et parallèles (deux murs nus face à face).
L’idée n’est pas de construire un studio professionnel, mais de trouver le « sweet spot » dans votre pièce actuelle. Parfois, il suffit de s’éloigner d’un mur de 50 cm pour que tout l’équilibre spectral change radicalement.
Un son de guitare acoustique réussi est à 80% le fruit d’un bon instrument bien réglé et d’une pièce qui ne lui fait pas la guerre.
Le matériel minimum pour un son qui tient la route
Maintenant que l’instrument et la pièce sont prêts, parlons du strict nécessaire en matière de matériel pour transformer ce son acoustique en signal numérique.
L’interface audio et le logiciel (DAW) : le duo indispensable
L’interface audio agit comme le pont vital entre votre micro et l’ordinateur. Ce boîtier externe convertit le son analogique en signal numérique avec une fidélité et une qualité bien supérieures à la simple prise micro de votre PC. C’est la base technique pour enregistrer une guitare acoustique à la maison proprement.
Voici quelques exemples de bonnes interfaces audio :
- Le Focusrite Scarlett Solo 3rd Gen

- L’Audient iD4 MKII

- L’Audient iD44 MKII

Ces quelques exemples d’interface audio sont une bonne base pour commencer vos premiers enregistrements, il en existe bien sûr beaucoup d’autres suivant vos besoins techniques.
Ensuite, le logiciel d’enregistrement, ou DAW, capture ce flux audio. Inutile de viser des usines à gaz complexes : des options gratuites ou abordables comme GarageBand sur Mac, Cakewalk sur PC ou Reaper font parfaitement l’affaire pour démarrer.
Ne jetez pas votre argent par les fenêtres inutilement. Un kit de base bien choisi suffit amplement.
Le choix du micro reste ensuite le facteur le plus déterminant. Le concept de home studio permet justement cette flexibilité avec un budget maîtrisé.
Le choix du micro : votre meilleur allié (ou votre pire ennemi)
Nous avons posé de bonnes bases, penchons-nous maintenant sur l’outil qui va sculpter votre son : le microphone. Ce choix n’est pas anodin, car il va définir la couleur de votre enregistrement.

Micro statique (à condensateur) : le roi du détail
Le micro statique s’impose pour nous comme le standard pour l’acoustique. Sa sensibilité élevée capture les hautes fréquences avec une précision redoutable. C’est l’outil parfait pour saisir les détails subtils de votre jeu. C’est généralement le type de micro que nous conseillons.
Les modèles à large membrane offrent un son chaud et flatteur, souvent plus « gros ». À l’inverse, ceux à petite membrane restent fidèles et réactifs aux transitoires. Si vous débutez, un micro à large membrane constitue un compromis polyvalent et efficace.
Notez qu’ils exigent une alimentation fantôme (+48V) pour fonctionner. Heureusement, cette option technique équipe désormais toutes les interfaces audio modernes.
Micro dynamique : une option robuste mais moins fine
Les micros dynamiques se montrent moins sensibles avec une réponse en fréquence plus restreinte dans les aigus. On pense immédiatement au légendaire Shure SM57, une référence absolue. Ils « lissent » naturellement le son.
Cette option brille si votre guitare sert de simple accompagnement dans un mix rock ou pop dense. Le dynamique aide l’instrument à trouver sa place sans brillance excessive. On évite ainsi d’encombrer l’espace sonore.
Pourtant, si la guitare est l’élément central, ce manque de détail deviendra vite frustrant. Considérez-le comme une solution de repli plutôt qu’un premier choix.
Comparatif rapide : statique vs. dynamique pour votre guitare
Finalement, le choix dépend entièrement de votre objectif sonore. Voici les repères pour ne pas vous tromper de matériel.
- Microphone Statique (Condensateur) :
- Pour qui : Le musicien cherchant un son détaillé et fidèle, avec la guitare au premier plan.
- Avantages : Capture les nuances, les aigus cristallins et l’effet « air ».
- Inconvénients : Plus fragile, il révèle impitoyablement les défauts de la pièce et du jeu.
- Microphone Dynamique :
- Pour qui : Idéal pour intégrer une guitare dans un mix chargé ou pour un grain « roots ».
- Avantages : Robuste, peu sensible aux bruits ambiants et souvent bon marché.
- Inconvénients : Moins de détails, offrant un son plus « fermé » et centré sur les médiums.
Enregistrer une guitare acoustique : exemples de bonnes prises de son en vidéo
Rien de tel que d’entendre quelques bons sons de guitare pour se rendre compte de ce qu’il est possible de faire à la maison avec un peu de matériel. Comme vous pouvez le constater sur l’enregistrement de la Yamaha C40, un simple Audio-Technica AT2020 peut faire des merveilles. Si vous avez un peu de moyens, d’autres références comme le Rode NT5 S (petite membrane) ou encore le Lewitt LCT 440 PURE (large membrane) seront également d’excellentes options.
Prise de son d’une Yamaha C40 avec un micro à condensateur Audio-Technica AT2020
Dans cette vidéo, Roy Zakai nous démontre que les choses les plus simples sont parfois les meilleures ! Avec cette Yamaha C40 la référence de l’entrée de gamme de l’enseigne japonaise et un excellent guitariste, le résultat dépasse toute nos attentes. La magie opère immédiatement entre une guitare certes très simple mais bien réglée, un bon jeu de cordes Martin M260 et le talent de Roy. Pour capter cet instant suspendu, c’est un micro à condensateur à large membrane particulièrement abordable qui a été utilisé, l’Audio-Technica AT2020. Comme quoi, il ne faut pas forcément vider son portefeuille pour réaliser un bon enregistrement.
LAVA ME 4 épicéa jouée par Marco Cirillo et enregistrée avec un Audio-Technica AT4040
Le son des LAVA est particulier et il faut vraiment un bon micro pour capturer leur spectre tonal particulier du carbone. Dans cette vidéo Marco Cirillo nous fait une démonstration de l’étendue des fonctionnalités de la LAVA ME 4 mais surtout du son de cette guitare. C’est là qu’un bon micro à condensateur à large membrane peut faire toute la différence… Et l’Audio-Technica AT4040 en est la preuve ! Chaque note ressort parfaitement et surtout, le moindre réglage d’effet se ressent immédiatement, un choix à ne pas négliger.
Tobias Rauscher jouant sa Taylor 310CE enregistrée avec un Rode NT4 à disposition X/Y à 90°
Avec ce magnifique morceau de guitare percussive, Tobias Rauscher nous fait découvrir son univers particulièrement impressionnant. C’est là qu’un bon micro fera toute la différence dans la restitution des moindres effets de jeu. Ici, chaque note est captée fidèlement grâce à un microphone stéréo avec une disposition X/Y à 90°. Comme nous en parlons dans le chapitre « Passer à la stéréo : donner de l’ampleur à votre guitare » dans cette configuration, un microphone à condensateur petite membrane est disposé de chaque côté en respectant l’angle parfait de 90°. Écoutez, le résultat est époustouflant !
Test de la Harley Benton GS-Travel par Mathieu Houeix enregistrée avec un micro Rode NT1
La plupart des guitaristes connaissent bien Harley Benton et particulièrement ce modèle reprenant les bases de la Taylor GS Travel, la Harley Benton GS-Travel-E Mahogany. Sur ce modèle d’entrée de gamme on peut retrouver une très bonne base tonale captée par un microphone à condensateur à large membrane que beaucoup de guitaristes connaissent, le Rode NT1. Commercialisé à un tarif accessible à tous, ce modèle accessible a pour nous plus de qualités qu’on pourrait le penser !
Gregor Hilden testant la Sigma DT-42 enregistrée avec un Rode M3 sur console Behringer
Nous pensons que la marque Sigma est souvent sous-estimée par rapport à certaines grandes enseignes de la guitare acoustique. La preuve avec cet essai d’une Sigma DT-42 qui n’a rien à envier à la célèbre Martin D-42 ! Pourtant, sans la précision du Rode M3, la restitution sonore de cette guitare Dreadnought ne serait pas aussi lumineuse. Le comble dans cette histoire est que le Rode M3 est un micro à condensateur extrêmement polyvalent qui est loin d’être le plus cher de la gamme. Comme quoi il est toujours possible de trouver des pépites quand on cherche bien. Pour cet enregistrement, Gregor Hilden utilise un Rode M3, une console Behringer Xendix 1002 (avec effet Reverb n° 7 intégré), des médiators Dunlop Delrin 2.0 et le talent bien sûr… Simple et efficace, non !
Prise de son d’une Fender CD60-S avec un micro Neumann TLM 102
On ne présente plus ce micro à condensateur à large diaphragme, une des meilleures ventes de Neumann. Utilisé ici pour capter l’essentiel du spectre sonore de l’incontournable guitare pour débutant Fender CD60-S, le résultat est bluffant. La preuve qu’un bon micro restitue parfaitement le jeu du guitariste.
Prise de son Taylor Builder’s Edition 324ce avec 2 micros Neumann KM184
Erwin van Ligten nous présente dans cette vidéo la somptueuse Taylor Builder’s Edition 324ce. La prise de son est impeccable avec 2 micro Neumann KM184 bien espacés. Si vous ne le connaissez pas, le KM184 de Neumann est une référence dans les microphones à condensateur à petite membrane. Il est particulièrement fiable, est réputé pour sa qualité sonore et sa neutralité. Malgré un prix assez élevé, il reste un très bon compromis pour un enregistrement haute fidélité d’une guitare acoustique.
Prise de son Martin 000-15M par Chris Effort avec un micro Lewitt LCT 440
On vous a gardé le meilleur pour la fin avec une configuration d’enregistrement que nous aimons beaucoup. Pour cette prise de son d’une incontournable Martin 000-15M, Chris Effort a utilisé un micro à condensateur à large membrane Lewitt LCT 440 et une interface audio Audient ID44, une valeur sûre ! Concernant le DAW, ici c’est Logic Pro X qui a été utilisé, une association plutôt intéressante quand on entend le résultat final. Une configuration à ne pas négliger pour un bon enregistrement d’une guitare acoustique.
Le placement du micro en mono : la technique de base infaillible
Le bon micro en main, tout se joue maintenant au centimètre près. Oubliez les logiciels, le vrai mixage commence ici, avec le placement de votre micro.

L’erreur du débutant : pourquoi fuir la rosace
Commençons par ce que tout le monde fait instinctivement : pointer le micro droit dans la rosace. C’est pourtant le piège absolu. Cette zone projette une quantité massive de basses fréquences et un souffle d’air qui saturent la capsule.
Le résultat est un son « boomy », sourd et complètement déséquilibré. Ces basses excessives vont masquer tous les détails et rendre le son inutilisable dans un mix. C’est la garantie d’un enregistrement brouillon qu’aucun égaliseur ne pourra rattraper.
La technique de la 12ème frette : le point de départ universel
Pour enregistrer guitare acoustique maison avec succès, visez la jonction corps-manche, généralement autour de la 12ème frette. C’est le point d’équilibre sonore parfait de l’instrument, offrant le meilleur compromis entre la rondeur de la caisse et la brillance des cordes.
Placez votre micro à une distance de 15 à 30 cm de la guitare. Plus on est proche, plus on a de basses, plus on est loin, plus on capte l’ambiance.
Ajustez ensuite la couleur sonore en pivotant simplement le micro. Orienté vers la rosace, on gagne en attaque. Orienté vers la tête du manche, le son devient plus fin et cristallin.

Alternative : le placement près du chevalet
Une autre option intéressante consiste à placer le micro au niveau du chevalet. Cette position capture un son nettement plus boisé et met en avant la résonance du corps de la guitare.
On obtient ici plus de médiums, moins d’attaque des cordes et moins de bruits de frettes. C’est une bonne technique pour un son plus doux et moins percussif, par exemple pour du fingerpicking où l’on cherche de la rondeur.
Conseil d’expert : placez-le légèrement en dessous du chevalet et orientez-le vers le haut pour éviter un son trop chargé en basses.
Il faut bien comprendre une chose essentielle avant de lancer l’enregistrement :
Votre meilleur égaliseur, c’est le placement du micro. Avant de toucher à un seul bouton sur votre logiciel, passez cinq minutes à bouger votre micro de quelques centimètres.
Passer à la stéréo : donner de l’ampleur à votre guitare
Une prise mono, c’est bien. Mais pour que votre guitare respire et remplisse l’espace, rien ne vaut la stéréo. Voyons les deux techniques de base pour y parvenir.
Quand et pourquoi choisir la stéréo ?
L’intérêt majeur de la stéréo réside dans sa capacité à sculpter une sensation d’espace tridimensionnel et de réalisme saisissant. Cette approche s’impose naturellement lorsque la guitare constitue l’instrument principal, comme sur un morceau folk guitare-voix intimiste où chaque nuance compte.
À l’inverse, si votre instrument n’est qu’un maillon dans un arrangement chargé, la prise mono reste souvent l’option la plus sage pour faciliter son placement dans le mixage. En effet, une piste stéréo risque de « manger » inutilement tout l’espace sonore disponible.

La prise X/Y : simple, efficace et sans problèmes de phase
La technique X/Y repose sur l’utilisation de deux micros cardioïdes, idéalement une paire appairée pour une cohérence parfaite. On superpose leurs capsules en formant un angle strict de 90°, créant ainsi une captation coincidente.
Son atout majeur est indéniable : la proximité immédiate des capsules élimine quasi totalement les problèmes de phase redoutés. Le rendu sonore reste cohérent avec une image stéréo chirurgicale, bien que moins large qu’avec d’autres méthodes plus espacées.
Pour la mise en place, pointez simplement ce couple vers la 12ème frette, à une distance comprise entre 15 et 30 cm, exactement comme pour une prise mono classique.
La prise A/B (paire espacée) : pour une image stéréo large et naturelle
La configuration A/B, ou paire espacée, consiste à écarter deux micros — cardioïdes ou omnidirectionnels — de plusieurs dizaines de centimètres l’un de l’autre. Cette distance physique permet de capter les différences de temps d’arrivée du son.
Un placement standard vise la 12ème frette avec le premier micro et le chevalet avec le second. Cette disposition génère une image stéréo très large et immersive, offrant un son plus naturel qui englobe davantage l’ambiance de la pièce.
Attention toutefois au revers de la médaille : le risque de problèmes de phase grimpe en flèche. Vérifiez toujours votre signal en mono pour éviter tout appauvrissement.
Tableau comparatif des techniques de prise de son
Pour vous aider à trancher rapidement, voici un récapitulatif des spécificités de chaque méthode. Ce comparatif met en lumière les compromis entre largeur d’image et sécurité technique, un détail que beaucoup négligent avant d’appuyer sur le bouton d’enregistrement, risquant ainsi de compromettre la qualité finale du mixage.
| Technique | Nombre de micros | Image Stéréo | Risque de phase | Idéal pour… |
|---|---|---|---|---|
| Mono – 12e frette | 1 micro | N/A (centrée) | Nul | Le standard passe-partout, efficace et direct. |
| Couple X/Y | 2 micros | Précise mais étroite | Très faible | Une stéréo simple et sûre, parfaite pour débuter. |
| Paire A/B | 2 micros | Très large et naturelle | Élevé | Un son ample et immersif, quand la guitare est reine. |
Techniques stéréo avancées pour aller plus loin
Les bases de la stéréo sont posées. Si vous voulez un son encore plus maîtrisé ou plus large, il existe des techniques un peu plus complexes mais redoutables.
La technique ORTF : le naturel à la française
Parlons d’une méthode validée par les ingénieurs de l’Office de Radiodiffusion-Télévision Française. La technique ORTF ne cherche pas à réinventer la roue, mais à imiter l’écoute humaine. C’est une approche standardisée qui offre un réalisme saisissant, souvent ignorée des débutants.
Concrètement, vous placez deux micros cardioïdes dont les capsules sont espacées de 17 cm et forment un angle de 110°. Le résultat est une image stéréo large et très naturelle, avec un bon équilibre entre précision et ambiance. C’est un excellent compromis entre X/Y et A/B.

La technique Mid-Side (MS) : le contrôle total
Voici la méthode que la plupart des pros gardent sous le coude pour enregistrer une guitare acoustique à la maison. La prise Mid-Side est la plus flexible, mais également la plus complexe à mettre en place. Elle permet de régler la largeur de la stéréo… après l’enregistrement.
Pour y arriver, il faut un micro cardioïde (Mid) pointé vers la guitare et un micro en figure en 8 (Side) placé juste au-dessus, perpendiculairement.
Le « décodage » se fait dans le logiciel (DAW) en dupliquant la piste « Side » et en inversant sa phase. C’est une technique puissante mais qui demande un peu de pratique.
Le matériel nécessaire pour la prise Mid-Side
Pour tenter cette approche, assurez-vous d’avoir le matériel suivant :
- Un micro cardioïde (le « Mid ») : Il capture le son direct, au centre.
- Un micro bi-directionnel (figure en 8, le « Side ») : Il capture l’information stéréo sur les côtés.
- Une interface audio avec 2 entrées.
- Un logiciel (DAW) permettant de dupliquer une piste et d’inverser sa phase.
Gérer l’environnement : dompter votre pièce d’enregistrement
Avoir les bonnes techniques, c’est une chose. Mais que faire quand la pièce elle-même s’invite dans l’enregistrement ? Apprenons à la faire taire, ou à l’utiliser à notre avantage.

Objectif « son sec » : construire sa cabane de couettes
Le concept de son « sec » (ou dry) désigne une prise audio dépourvue de toute réverbération naturelle liée à la pièce. C’est souvent l’idéal recherché, car cela offre un contrôle total lors du mixage pour ajouter des effets artificiels plus tard.
Pour y parvenir sans travaux, la technique de la « cabane » est redoutable : utilisez des pieds de micro pour tendre des couvertures épaisses ou dressez des matelas autour du musicien. Cela crée une zone acoustiquement « morte » qui absorbe les ondes avant qu’elles ne rebondissent sur les murs.
C’est une solution de fortune, certes, mais elle fonctionne étonnamment bien pour tuer les réflexions indésirables dans un home studio non traité.
Capturer l’ambiance : quand la pièce devient un atout
À l’inverse, si vous avez la chance de jouer dans un salon avec du parquet et une belle hauteur sous plafond, vous voudrez peut-être capturer cette acoustique. C’est un parti pris esthétique qui apporte de l’air.
Pour ce faire, il faut éloigner le micro de la guitare (plus de 50 cm) ou opter pour une technique stéréo comme la paire A/B avec des micros omnidirectionnels. Cette méthode permet d’enregistrer votre guitare acoustique à la maison avec une ampleur spatiale immédiate.
Cela donne un son plus naturel et vivant, mais attention : cette réverbération naturelle ne pourra pas être retirée par la suite. C’est un choix définitif qu’il faut assumer.
La repisse (ou « bleed ») : l’ennemi juré du home-studiste
La repisse (ou bleed) survient lorsqu’un micro capture une autre source sonore que celle qu’il est censé enregistrer. C’est typiquement le cas du micro guitare qui capte aussi votre voix si vous chantez en jouant.
C’est un véritable problème technique : cela rend le mixage très difficile, voire impossible, car on ne peut plus traiter la guitare (égalisation, compression) sans affecter le son de la voix qui a « fuité » dedans. Vous perdez l’indépendance de vos pistes.
Pour contrer cela, utilisez des micros directionnels (cardioïdes) en tournant le dos à la source indésirable. Sinon, revenez à la technique de la « cabane de couettes » pour isoler physiquement les sources.
Astuces et erreurs courantes pour finaliser vos prises
Vous avez le bon micro, le bon placement et une pièce sous contrôle. Voici quelques derniers conseils pour éviter les pièges classiques et réussir vos enregistrements à coup sûr.
Guitare électro-acoustique : le piège du micro piezzo
On a souvent le réflexe de brancher directement une électro-acoustique dans la carte son. C’est rapide, facile et ça évite d’installer un pied de micro encombrant dans le salon.
Grosse erreur. Le son d’un capteur piezzo seul est souvent froid, nasillard et sonne terriblement « plastique ». Si ce rendu passe sur scène pour percer le mix, il manque cruellement de réalisme pour un enregistrement studio sérieux.
Traitez-la comme une acoustique pure avec un vrai micro, même si vous possédez l’une des meilleures guitares électro-acoustiques du marché.
Enregistrer guitare et voix : ensemble ou séparément ?
C’est la question qui divise les songwriters. Faut-il capter l’énergie du moment en jouant tout d’un coup, ou privilégier la propreté technique en enregistrant piste par piste ?
Pour un résultat pro, dissocier les prises offre un contrôle maximal au mixage. En enregistrant la guitare puis la voix, vous éliminez la « repisse » du chant dans le micro et l’instrument. C’est la méthode la plus sûre.
Pourtant, jouer ensemble capture une « vibe » et des variations de tempo impossibles à simuler. C’est un risque technique, mais l’émotion prime parfois.
Check-list finale avant d’appuyer sur « rec »
Avant de lancer l’enregistrement, vérifiez ces points pour ne pas gâcher une prise parfaite.
- Ma guitare est-elle parfaitement accordée ?
- Mes cordes sont-elles récentes et propres ?
- Ai-je coupé toutes les sources de bruit (téléphone, ventilation, frigo) ?
- Mon niveau d’entrée est-il correct (pas dans le rouge) ?
- Ai-je fait quelques prises de test pour écouter le placement du micro ?
- Une fois que c’est fait, on peut se lancer et trouver la bonne tablature de guitare facile pour s’échauffer.
Réussir ses prises de guitare acoustique ne dépend pas uniquement du budget, mais surtout de la méthode. Une bonne préparation, couplée à un placement rigoureux du micro, transforme radicalement le résultat final. Il ne reste plus qu’à expérimenter ces techniques pour sculpter votre propre signature sonore.
Enregistrer une guitare acoustique : vos questions fréquentes
Comment enregistrer sa guitare acoustique à la maison ?
Pour réaliser un enregistrement de qualité chez soi, il est essentiel de respecter une chaîne de signal cohérente. Le son est capté par un microphone, transite par une interface audio qui convertit le signal analogique en numérique, et finit sa course dans un logiciel d’enregistrement (DAW) sur votre ordinateur. La réussite de cette opération repose avant tout sur une bonne préparation : nous conseillons vivement d’installer des cordes neuves la veille et de vérifier l’accordage juste avant la prise.
Quel est le meilleur microphone pour une guitare acoustique ?
Le choix se porte quasi systématiquement sur les microphones statiques (à condensateur), car ils offrent la sensibilité nécessaire pour restituer les détails et les transitoires du jeu. Les modèles à petite membrane sont excellents pour la précision et la brillance, tandis que ceux à large membrane apportent souvent plus de chaleur. Si les micros dynamiques restent une option robuste, ils manquent généralement de finesse pour une guitare acoustique isolée.
Quelle technique utiliser pour enregistrer le son de sa guitare ?
Le placement du micro est déterminant. La technique la plus fiable consiste à pointer le micro vers la 12ème frette, à une distance de 15 à 30 cm de l’instrument. Cette position offre un équilibre idéal entre la chaleur du corps et l’attaque des cordes. Il faut absolument éviter de pointer le micro directement vers la rosace, sous peine d’obtenir un son sourd et envahi par des basses fréquences incontrôlables.
Comment capter l’ambiance de la pièce ?
Pour enregistrer le son ambiant et donner de l’ampleur à la prise, il convient d’éloigner les microphones de la source ou d’utiliser des techniques stéréo spécifiques. La méthode A/B (couple espacé) ou la technique ORTF permettent de capturer la réverbération naturelle. Cependant, cela nécessite une acoustique agréable ; dans le cas contraire, nous recommandons de privilégier un son plus sec en traitant l’environnement immédiat.
Comment s’assurer de bien enregistrer le son ?
Bien enregistrer un son demande de surveiller plusieurs paramètres techniques et acoustiques. Il faut veiller à ce que le niveau d’entrée sur l’interface audio ne sature pas (ne pas aller dans le rouge) tout en restant suffisant pour limiter le souffle. De plus, pour les guitares électro-acoustiques, nous déconseillons l’usage exclusif du capteur piézo intégré, souvent trop artificiel, au profit d’une véritable prise de son par microphone externe.


